Le Goût du Bonheur : Gabrielle de Marie Laberge

Edition Pocket, 2016, 868 pages
Popsugar : À propos des Femmes (32)
Note personnelle : 5/5 ❤ ❤ ❤

Résumé

Dans leur résidence estivale de l’île d’Orléans, non loin de Québec, les Millers et leurs six enfants offrent l’image de l’harmonie et de l’aisance. La crise des années 30 les a épargnés. Chez eux, le goût du bonheur l’emporte sur les conventions et les préjugés d’une société paroissiale et étouffante. Comblée par son mari, Gabrielle aspire à encore plus de liberté. La tendre et violente Adélaïde, sa fille, est déchirée entre son affection pour le jeune Florent et sa passion pour l’Irlandais Nicholas McNally. Alors que la rumeur de la guerre enfle en Europe, s’annoncent des orages du cœur …
(Résumé de l’éditeur)

Mon avis

Ouah ! Quel roman ! Cela fait très longtemps qu’une saga ne m’avait pas emporté de cette manière 🙂

Historienne de formation, cette histoire ayant pour toile de fond la première partie du XXème siècle m’a plu. On découvre un Canada français emprunt à une grande misère après la crise de 1929. Les suffragettes veulent acquérir leur émancipation face au pouvoir « phallocratique » et religieux (droit de vote, recours à la contraception). C’est aussi un pays marqué par la montée de la xénophobie et l’entrée en guerre.

L’écriture de Marie Laberge est simple et efficace. Elle sait en quelques mots vous projeter dans son univers. Et notamment grâce au choix de conserver le texte en français québéquois. J’avoue qu’au début cela est un peu bizarre surtout certaines tournures de phrases et également le vocabulaire, mais cela rend tellement authentique le récit que l’on s’y adapte très bien, imaginant très facilement leur accent ! 🙂

Je me suis laissée séduire par le cadre magnifique de l’île d’Orléans et de cette maison de campagne en bord de rivière où je rêverais de passer mes vacances en leur compagnie.

Marie Laberge sait parfaitement retranscrit les sentiments de ses personnages, nous les faisant vivre pleinement : je suis passée du rires aux larmes en ressentant également de la colère, de la surprise, de l’angoisse, de la joie ou encore une grande tristesse. Une réelle empathie se crée entre le lecteur et les acteurs de cette histoire.

« La vraie sagesse est de ne pas sembler sage »

Le personnage qui m’a le plus bouleversé est Gabrielle. Elle est le pilier de ce premier tome mais aussi de sa famille. Petite dernière d’une fratrie de quatre enfants, elle n’est pas comme ses frères et sœurs et elle souhaite acquérir plus de liberté créant parfois un conflit moral entre son raisonnement et son éducation. Son histoire d’amour avec Edward est touchante. Elle s’y abandonne complètement au mépris de son éducation catholique stricte où le mariage n’est fait que pour procréer et où l’amour n’est pas à prendre en compte. On la voit se battre pour des causes qui lui sont chers comme la pauvreté des enfants et la misère, la tuberculose, le droit de vote des femmes et la contraception. Et à chaque fois aux risques d’entrée en conflit avec son époux malgré son soutien indéfectible.

« Pour la plupart des hommes, la liberté se passe en dessous de la ceinture et que, pour la plupart des femmes qui remettent en question les principes de la société, ça se passe beaucoup plus haut »

De manière générale tous les acteurs de cette saga familiale ont leur importance, leur propre caractère et leur évolution tout au long du roman. Je ne saurais dire mis à part Gabrielle lequel de ces protagonistes m’a le plus plu :

– Adélaïde a un caractère trempé et fonceur et elle est touchante avec son amour pour Florent et Théodore ;

– Germaine et Georgina, les deux sœurs de Gabrielle, sont à la fois, énervantes dans leurs idées puritanismes, mais elles sont pourtant pleines de contradiction ;

– et puis Nic est émouvant. Il est partagé entre sa souffrance vis à vis son amour non avoué et caché pour Gabrielle, son amour paternel pour Florent et Adélaïde et son dilemme vis-à-vis de sa petite sœur Kitty.

Je ne souhaite pas trop vous en dire plus de peur de vous gâcher le plaisir de découvrir ce roman qui m’a remué ! J’ai hâte de découvrir le tome 2 du Goût du Bonheur – Adélaïde.

À vos livres et bonnes lectures ! 🙂

15 réflexions sur “Le Goût du Bonheur : Gabrielle de Marie Laberge

  1. […] Petites précisions avant de commencer : cette chronique sera découpée en deux temps. Dans la première partie, j’aborderais mon impression sur cette lecture et dans la seconde je rentrerais un peu plus dans les détails. Pour toutes celles et ceux qui ne souhaitent pas être spoilé : arrêtez-vous après la première partie et ma chronique du tome 1 est ici. […]

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  2. […] Je vais regrouper ici les deux premiers tomes de la trilogie du Goût du Bonheur de Marie Laberge. Dans ces deux ouvrages Marie Laberge a réussi à me laisser pantoise entre les larmes et le désespoir pour ces personnages. Il me reste le dernier tome à lire … je suis très curieuse de découvrir la fin qu’elle réserve à la famille de Gabrielle, d’Edward et d’Adélaïde. (chronique) […]

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